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18 avril 2018 3 18 /04 /avril /2018 11:08

Qu’aurait été le degré de notre développement et de notre croissance économique si Bourguiba, au lendemain de l’indépendance, n’avait pas été instrumentalisé par les Américains pour nuire à Charles de Gaulle en raison de sa volonté d’indépendance vis à vis de l’Amérique et de l’Otan.


En effet, c’est en raison de ce conflit américano-français que fut provoquée cette maudite et inutile guerre de Bizerte, guerre perdue d'avance (1) avec ses dizaines de milliers de morts tunisiens et après laquelle s’en est suivie l’expulsion manu militari des agriculteurs français, nés en Tunisie de père en fils, à la compétence et l’expérience très précieuse et irremplaçable.


Notre pays, désigné auparavant grenier de Rome, accuse aujourd’hui un déficit céréalier !!!


Et que dire de ces Français de Tunisie à qui on n’a pas laissé le choix de rester dans leur pays natal comme les enseignants, les ingénieurs, les techniciens et les médecins ? Ils sont nés en Tunisie, français depuis plusieurs générations et rien ne les empêchait de rester dans le pays, d’autant que beaucoup d’entre eux le souhaitaient. Ils auraient ainsi pu continuer à exercer leurs activités et contribuer à l'essor de la Tunisie nouvelle; l’irréparable ne s’étant pas produit, comme ce fut le cas en Algérie en raison d’une longue guerre qui a duré 7 ans.


La plupart d’entre eux avaient laissé des biens immobiliers qui furent loués ou vendus très en deçà des prix du marché. De plus, ils ne pouvaient transférer cet argent en raison d’autorisations préalables qui ne pouvaient être obtenues que par des privilégiés du régime alors en place. Ces mêmes privilégiés ont alors abusé de leurs pouvoirs pour les spolier, soit en leur achetant leurs biens pour des montants ridicules, soit ou en les louant à des prix extrêmement bas ne couvrant même pas les charges d'entretien.


Le plus étonnant dans tout cela, c’est que le gouvernement français de l’époque ne les a pas défendu contre l’arbitraire et l’injustice dont ils furent victimes.

 

(1) au lendemain de l’avènement de la 5ème république française, les Américains avaient pris le relais des Français en Tunisie (d’ailleurs, la résistance algérienne a été épaulée discrètement par les Américains). C’est pourquoi j’avais précisé dans mes précédents commentaires à ce sujet que la guerre de Bizerte était un règlement de compte entre les américains et de Gaulle, Bourguiba n’étant que l’exécutant instrumentalisé.

La volonté d’indépendance de de Gaulle vis à vis de l’alliance atlantique et de l’hégémonisme américain s'expliquent: << Dans les années 50 et 60, les gouvernements de la planète pouvaient simplement venir à la Réserve fédérale, toquer à la « fenêtre de l’or » et échanger leurs dollars contre du métal jaune.
Et c’est bien ce qu’a fait De Gaulle.
Dès 1958, il a ordonné à la Banque de France d’accélérer le rythme auquel elle transformait ses réserves de nouveaux dollars en or physique>>

Quand le secrétaire général de l’Onu Dag Hammarskjold s’était rendu en Tunisie lors de la guerre de Bizerte, il fut fouillé par les parachutistes français sur ordre, un ordre qui devait venir « d’en haut », oui de « très haut », car quand même, on ne fouille pas à la légère le secrétaire général de l’ONU. Et là, on comprend aisément qu’il s’agit d’un règlement de compte entre Américains et Français: Bourguiba, en sacrifiant des milliers de tunisiens pour une guerre perdue d’avance, n’était que l’instrument des Américains qui en voulaient au Général de Gaulle d’avoir exigé d’échanger les réserves de dollars de la banque de France en or, et ce, sur le conseil de Jacques Rueff, son officieux ministre des finances. De plus, de Gaulle avait aussi promis d’évacuer Bizerte dès que la France se serait dotée de l’arme atomique, rendant moins stratégique une présence militaire en Tunisie, "dans un an", avait-il dit.

<< De Gaulle, réaliste mais cynique, confirme ainsi en avril 1963 : « Nous partirons de Bizerte parce que Bizerte ne nous servira plus à rien une fois que nous aurons une force atomique. Dès que ce sera le cas, nous évacuerons (…) Et maintenant rien ne s’oppose à ce que nous partions. Nous commençons à disposer d’engins nucléaires. Nous allons être capables de pulvériser Bizerte et Moscou à la fois [17][17] Propos cités in Peyrefitte (Alain), C’était De Gaulle,... ! ». A partir de 1961, l’interconnexion entre l’évacuation de la base Bizerte et la mise en place de la politique nucléaire de la France constitue assurément l’une des clefs de lecture finale dans l’affaire globale de Bizerte>>

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